26 février 2007

Maître Wagner, du Club Diplomatique de Genève

Personnalité incontournable de la Genève internationale, Maître Denise Wagner parvient en 2004 à la Présidence du Club Diplomatique de Genève. Portrait d’une leader, qu’une jeunesse à Alexandrie a prédestinée à l’ouverture, aux civilisations multiples, à l’harmonie entre personnes de cultures ou de religions différentes, à un sens certain de la diplomatie.
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Loin de s’asseoir sur les lauriers d’un parcours professionnel et d’un relationnel exceptionnel, Denise Wagner s’attelle à négocier l’après trentième anniversaire, à dynamiser son réseau, à en solliciter de nouvelles compétences et implications. A tracer également, via un programme d’évents conviviaux, les bases de relations plus intenses. Son vœu ? Que les Ambassadeurs, tant occupés aux problématiques des Droits de l’Homme, puissent également donner libre cours à des messages  économiques et scientifiques.

Qu’avez-vous pu apporter au Club Diplomatique de Genève, depuis votre élection le 2 mars 2004 ?
- J’étais membre du Comité exécutif depuis environ une dizaine d’années. Mon prédécesseur n’était ni plus ni moins que notre ancien Conseiller d’Etat (Ministre), Dominique Föllmi, une personnalité marquante du monde genevois. En deux ans de Présidence, il y a eu quelques innovations :  la participation d’ambassadeurs et de représentants des organisations internationales à rejoindre notre Comité exécutif, et à participer avec nous au dynamisme de la Genève internationale, malgré leurs lourdes tâches…

On parle également des « Midis du Club Diplomatique » ?
- Il s’agit de l’instauration d’un cycle de conférences, dans lequel les ambassadeurs sont invités à faire connaître leur pays sous l’angle économique et scientifique. Ils s’expriment dans un cadre de haut niveau et dans un contexte convivial et informel, sur des sujets qu’ils n’ont pratiquement pas l’occasion d’aborder durant leur court séjour à Genève. Ils y sont invités à nous faire connaître l’évolution de leur pays, ce qu’ils attendent des autres pays. Notre Club devient donc par excellence une plateforme où naissent des amitiés certes, mais également des échanges privilégiés entre les différentes communautés.

Votre rapprochement avec l’Université de Genève est également une nouveauté ?
- Oui, et son Recteur est également membre du Comité. L’Université forme depuis des décennies des futurs chefs d’état, des ministres, des décideurs économiques… Elle ne pouvait pas rester à l’écart de la Genève internationale. L’importance de l’éducation et d’une bonne formation dans le cadre des démocraties ainsi que leurs incidences positives sur le PIB d’un pays, justifient également ce rapprochement.

En quoi votre parcours professionnel est-il bénéfique à votre actuelle Présidence ?
- Des études à la vie professionnelle, mon parcours m’a appris que la démocratie ne pouvait exister sans un réel et profond respect des droits des citoyens. Qu’une formation sérieuse, une administration efficace et un système de santé judicieux étaient les piliers d’une existence paisible entre citoyens de différents états – puisque la Suisse est, rappelons-le, un Etat fédéral. Mon expérience de la vie internationale et ma connaissance du monde genevois, notamment du monde économique et scientifique, devront me permettre d’atteindre les objectifs du Club Diplomatique.

J’imagine que la dimension « protocolaire » doit représenter parfois quelques lourdeurs ?
- Parfois, mais c’est la dimension humaine prédomine. Nous avons des membres d’environ 150 nationalités. Cette variété fait notre richesse. Réunir tout ce monde tient parfois de l’exploit. Comme dans toute société, ce sont tout d’abord les règles usuelles du savoir-vivre qui s’imposent d’elles-mêmes, ainsi que le respect des usages.

Vous avez engagé votre Institution aux cotés du C.E.E.A, organisateur du Troisième Forum Economique pour l’Afrique ?
- A l’heure actuelle nous sommes tous préoccupés par le développement de la Communauté européenne, l’intégration de nouveaux pays et la négociation de nos conventions bilatérales. Il est judicieux de porter attention au Continent africain. L’objectif de ce Forum est de parler de pays dont on ne parle pas suffisamment, à Genève, qui est, non seulement une ville internationale, mais un carrefour d’échanges économiques et scientifiques. Ce Forum en phase avec notre philosophie :  inviter les représentants de chaque Mission à mieux faire connaître leur Etat.

Qu’en attendez-vous pour vos membres ?
- Un rapprochement des communautés, une meilleure connaissance de l’autre, des échanges fructueux.

Le phénomène d’une Europe qui se serre les coudes a pour conséquence de rendre ses frontières plus hermétiques au monde, notamment à l’Afrique. Quelle part la Suisse peut-elle prendre dans les espoirs économiques de l’Afrique ?
- Comme par le passé, la Suisse peut apporter beaucoup aux Etats qui le souhaitent… et qui le demandent. A plusieurs reprises elle a été appelée, en tant que médiateur ou intermédiaire. La Suisse peut également faire bénéficier les Etats qui le souhaitent de ses compétences et de son savoir-faire. Il appartient à chaque Etat africain de formuler sa demande et d’indiquer ses besoins et ses priorités.

Propos recueillis
par Joël A. Grandjean

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